• Anonyme

    n bonjours jolis pieds mes respects

  • Anonyme

    .Mademoiselle,

    ..........J'ose espérer que vous lirez cette lettre une fois celle-ci parvenue jusqu'entre vos mains. Je ne sais par quel destin elle vous a été remise, mais ce que je sais, c'est que chacun de ces mots à été soupesé et murement réfléchi avant que d'avoir été tracé sur ce papier. Vous voilà sans doute bien surprise d'être ainsi prise au dépourvu par les mots qui suivront, toutefois je vous serais gré de continuer jusqu'à la toute fin. Je n'ai aucun autre argument que celui de mes mots, si ce n'est les sentiments profonds qui se lient à chacun d'eux.
    ..........Voilà bientôt une saison que nous nous étions rencontrés, au hasard, au détour d'une série de coïncidences qui m'amenèrent jusqu'à vous. J'admets ne vous avoir guère porté plus d'attention qu'à une autre, jugeant cette attitude sans doute trop outrecuidante pour que vous me portiez alors ne serait-ce qu'un peu d'intérêt. Mais voilà que la saison nouvelle revenue, nous sommes amenés à nous retrouver encore une fois, et si j'ai su par le passé, faire montre de vous ignorer, je n'ai, au contraire, pas pu occuper mon temps, chaque jour de cette année, à autre chose que de penser à vous. Que voilà une punition divine pour chasser l'orgueil de mes pensées en le remplaçant par la si charmante créature que vous êtes. Derechef, j'espère ne pas vous blesser en vous nommant créature, mais il est assez vrai que l'on ne puit vous appeler autrement, la nature vous ayant faite trop belle pour n'être que femme, Dieu gardant ma présomption de vous élever au rang de divinité.
    ..........J'ai, et je l'avoue sans doute avec un peu de gêne, côtoyé quelques femmes, mené la discussion à d'autres, et en ai dévisagé bien encore plus, mais jamais aucune d'elle ne marqua mon esprit de votre manière. Tout me reste gravé. De votre façon de saluer la gente, discrète mais si charmante, jusqu'à la blondeur de vos cheveux que vous repousser de votre main si délicate, en passant par le sourire si mystérieux qui bien des fois fit s'étirer vos lèvres. Ah vos lèvres, que de fois rêvais-je d'elles ! Ne soyez-donc pas choquée, c'est que d'une certaine façon, je gagerai qu'aucun homme ni a au moins une fois pensé. Mais sans parler de l'aspect physique de votre personne qui, je l'avoue bien malgré moi, contribua à me faire éprendre d'amour pour vous, a-t-il fallut également que vous vous trouviez vive d'intelligence pour avoir à répondre ainsi à la société, là où les autres paysannes n'y trouvent rien à redire.
    ..........Ma foi oui, je sais bien, je ne l'oublie pas, vous n'êtes que paysanne, mais à mes yeux bien plus que ça. La preuve en est que vous lisez cette lettre, là où bien d'autres auraient du l'amener à notre père, le prêtre qui, quelque part j'en suis certain, aurait bien peiné d'en rougir. Mais passons, ce sont vos yeux qui lisent, plus encore vos mains qui tiennent cette lettre sur laquelle ma propre main écrit. Frissonnez-vous ? J'imagine déjà vos mèches blondes, trop longues, éparses sur ce papier, et la chance me serait-elle donner d'en replacer une derrière votre oreille, en caressant involontairement bien sur, votre joue au passage.
    ..........Si vous en êtes à ce point de la lecture, je m'en trouve heureux, car cela signifie surement qu'au delà de la curiosité qui vous anime, vous portez un intérêt à cette lettre ainsi qu'à ce qu'elle contient. Je dois à présent vous avouer et expier un mensonge, certes moindre, mais il n'en reste pas moins ce qu'il est : un mensonge donc. Je vous ai fait croire tout à l'heure, que je soupesais chacun de mes mots, et il n'en est rien. Je laisse ma plume écrire, m'accordant les pauses nécessaires à ce que la plume soit remise à l'encre. Mon c½ur écrit, à la vérité, bien plus que ma main.
    ..........Je vous avouerai, mettant le dernier souffle d'orgueil qui sommeillait en moi, que je suis bien peiné de penser à vous ainsi. Je vous vois déjà indécise, peut-être un peu l'½il sournois. Aurais-je déjà changé d'avis ? Vous voyez bien que non, car tel aurait été le cas, que cette lettre ne vous aurait été remise, mettons que je ne sois point cruel. Et de beaucoup de défauts l'on m'affuble, mais jamais de celui-là. Je me trouve alors bien peiné vous dis-je, d'être ainsi pris au piège, à la fois par vos yeux, vos mains, vos lèvres, votre voix... Que me prend-il d'énumérer ce pour quoi je souffre déjà mille martyres à y apposer mes mots ?
    ..........Mais voilà que le destin en a décidé ainsi, moi qui me targuait jusqu'alors d'être pour ainsi dire libre, pas en tant que goujat, vous rassurai-je sur ce point, mais au moins en tant qu'homme, jeune de surcroit, qui doit pourtant bien profiter de ce que nous appelons communément « vie » sur cette terre. Et voilà que je me retrouve prisonnier, au bagne, ma jeunesse perdue, il faut bien le dire, ma vieillesse engrangée et toute torturée déjà dans les méandres interminables du chemin tout tracé de l'amour. Je me suis pourtant débattu, croyez-moi, et j'ai bien pensé que ce n'était qu'une passade, mais au bout de ce cycle annuel, je m'en retrouve au même point, pensant à vous comme au premier jour, tel l'enfant devenu adolescent qui découvre la femme pour la toute première fois.
    ..........Je redeviens enfant lorsque je vous aperçois, comme un jour de Noël, attendant mon cadeau, le connaissant par avance, mais frétillant d'impatience. Vous êtes mon cadeau, que vous le vouliez ou non. Que vous acceptiez ou non cet amour, vous ne pourrez empêcher cette bouffée de sentiments qui me monte à la tête quand mon regard est attiré par votre silhouette. Et je me croirais enfant entièrement, si je n'avais cette envie de vous prendre, au détour d'une ruelle, et de vous serrer à moi, inspirant le parfum de vos cheveux et la rougeur de vos joues, qui me rappelle par là-même qui je suis : un homme, amoureux.
    ..........Je ne me prétends pas votre prince, mais ce que je peux dès lors avancer, et que nul autre que moi ne peut autant vous aimer. Je me sens prêt pour bien des sottises, ne serait-ce que pour que vos yeux se tournent vers moi. Demandez-moi donc et je le ferai. Quoi donc ? N'importe. Dites-moi, je vous suis dévoué. Ne pensez-pas que je sois fou, ou bien donc, simplement de vous, et de nulle autre.
    .......Voilà que mon c½ur s'enflamme. Voyez- que ma main ne tremble même pas alors que je me trouve si faible à la moindre pensée se rapportant à vous. Ö que la vie est cruelle de me séparer ainsi de vous. Que ne donnerai-je pour vous admirer chaque jour ? Je vendrai chaque chose que je possède pour vos mirifiques yeux. Je renonce au palais et aux nombreux festins comme je renonce aux bals et aux promenades quotidiennes. Peu m'importe d'être aux champs tant que j'y suis à vos côtés. Peu m'importe le marbre troqué au bois, car je sais que vos mains si douces, transformerait n'importe quel matériau, comme elles ont su façonner mon c½ur de pierre en l'étoffe qu'il vous plait.
    ..........Faites-donc de moi ce qu'il vous plaira. J'en viens à cette conclusion fort peu distinguée je vous l'accorde, mais elle a du mérite en ce qu'elle est vraie. Je ne sais comment achever ces lignes dignement. Certainement que non, je nous prierai pas d'y répondre, en ce que ce choix vous appartient, tel que je ne vous supplierai pas d'accepter de me rencontrer. Sachez seulement que si j'ai été élevé et me montre jusqu'à présent décent, je ne vous promets guère de le demeurer infiniment. Je ne suis qu'un homme, les classes sociales n'ayant définitivement rien à y voir, me voilà forcé de supporter la vision de la cause de mon mal d'amour. Je suis bien actuellement maître de ma main comme maître de mes instincts, néanmoins je ne peux que vous conseiller, tel qu'on me l'a apprit, de ne rester seule en ma compagnie, si tant est que votre réponse fut négative.
    ..........Adieu chère amour, je ne vous délivre point mon nom. Y-a-t-il a cela une seule utilité ? Vous me chercherez dans la foule, j'y suis tous les jours, à votre recherche, et j'aimerai cette ivresse certaine durant laquelle nous nous chercherons, jusqu'à ce que mes yeux vous trouvent et que les vôtres chercheront encore. Ce n'est pas tant par vengeance de m'être ainsi fait piéger par votre belle personne, que par envie de jouer avec vous. Adieu donc. Me répondrez-vous ou devrais-je effleurer votre main ?

  • Anonyme

    y'a rien à comprendre t'es pas mal du tout c'est tout ;D

  • Anonyme

    adoptée !